Image
Un accident, une amnésie totale. Qui est Jordan ?
Peut-elle faire confiance à Angelina ?
Genre : Romance contemporaine

Public : Adulte, Jeune Adulte

Érotisme : ★★☆☆☆

Nombre de mots : 62 816
Image

4e de couverture

Il paraît que je m’appelle Jordan. Je suis sortie du coma sans aucun souvenir. Mon cerveau et mon corps sont en bon état mais je ne sais pas qui je suis. Je vais devoir interagir avec des personnes que je ne connais pas : collègues, connaissances... Comment puis-je savoir qui ils sont ? À qui faire confiance ? Mon seul soutien semble être Angelina. Elle dit être ma petite amie. Je savais pas que j’étais homo... Je ne sais rien en fait. Et j’ai l’impression parfois qu’elle a peur de moi... Qui suis-je ? Pourquoi ne me dit-elle rien de mon passé, de notre passé commun ?
Je le veux !
Extrait 1

1 Réveil

 

 

Paris, Hôpital Saint-Louis, Chambre 105.

 

Tout est noir. Mes yeux sont lourds et refusent de s’ouvrir. Je ne peux pas bouger non plus. J’entends des bips réguliers. Je dois rêver. Le genre de rêve qui fait paniquer : engluée dans une panade noire, incapable de voir, d’entendre, de sentir, de bouger. Une panade qui s’infiltre par tous mes pores pour envahir mon cerveau. Mais j’entends les bips. J’essaie d’inspirer fortement. Ça marche pas. Je recommence en me concentrant. Un peu mieux. J’ai un peu de contrôle. Pas la peine de paniquer. Mes paupières me semblent de plus en plus lourdes. Je veux pas retourner dans ce rêve. Je veux pas.

*

Je perçois des voix. Je ne les comprends pas. Je ne les connais pas. Toujours cette fatigue. Je me focalise sur les mots :

— Il faut être patiente, Angelina. Jordan se réveille doucement. Peut-être qu’elle nous entend. Mais ça peut prendre encore quelques heures, voire quelques jours.

— Je comprends.

— Tu devrais rentrer chez toi et te reposer.

— Non, Valérie. Je veux être là le plus possible au cas où elle se réveillerait.

Tout redevient calme. Qui est cette Angelina ? J’aimerais bien me réveiller aussi et que quelqu’un soit là pour moi. C’est flippant ce noir. Reste zen. Angelina a une voix douce et apaisante. Je lutte encore contre le sommeil. Je veux en savoir plus. Mes oreilles sont mon seul lien vers l’extérieur. Je sens des douleurs diffuses partout. Essaie de bouger. Encore. Ça marche toujours pas. Je sais que je ne vais pas résister davantage à la fatigue. À quoi ressemble Angelina ? Et si son amie Jordan se réveille avant moi ? Et si elle ne revient plus…

*

J’ai soif. Je sais toujours pas où je suis. Enfin... Des bips, ça veut dire hôpital, non ? Mes paupières semblent moins lourdes mais j’hésite à les ouvrir, à vrai dire. Que vais-je découvrir ? Je sens... quelque chose qui bouge sur... ma main, je crois. C’est agréable. J’ai pas envie que ça s’arrête. Un peu de lumière filtre par mes paupières. Aïe ! Ça, c’est douloureux. J’ai l’impression de regarder le soleil en face. Une nouvelle douleur s’impose de mes yeux à mes tempes. Un étau se resserre autour de ma tête. Je scelle à nouveau mes paupières et la douleur reflue lentement. J’essaie de respirer profondément mais là aussi, mon torse me renvoie des sensations désagréables. Finalement, dormir c’est bien, non ? Plus de caresses sur ma main. Quelque chose se rapproche de moi. Ne pas paniquer. Ne pas bouger.

— Jordan ?

Je connais cette voix. Je me rappelle pas mais je connais. Une voix douce. La voix d’un ange... Je suis au paradis ? En enfer ? Ah, non ! Y’a pas d’anges en enfer. Enfin, je crois.

Je tente à nouveau de prendre connaissance de mon environnement. Ma vision est trouble. Sur ma gauche, il y a quelque chose. Je tourne légèrement la tête. Un visage, il me semble. Angelina, peut-être ? Mes yeux s’accommodent à la lumière, lentement. Entre deux clignements, je distingue des cheveux courts, bruns. Un visage pâle, des lèvres rosées, fines, un nez fin et droit. Des yeux d’un bleu pur et éclatant.

— Jordan, ne bouge pas. Je vais chercher un médecin.

Bouger ? La bonne blague... Médecin donc hôpital, c’est sûr. Oh ! Jordan ? C’est mon nom ? Je me rappelle pas. Je me rappelle pas mon nom ! Ça craint.

Un mec soulève mes paupières et me met de la lumière en pleine face. Je suis toujours impuissante à bouger, à parler. Au prix d’un effort surhumain, je soulève mes doigts du drap. Une main douce et chaude se plaque dessus, anéantissant tout effort.

— Tout va bien, Jordan. Reste calme.

Elle est bien gentille, la demoiselle, mais bon... j’ai toujours soif. Je parviens à articuler péniblement :

— Soif.

Je suis fatiguée mais j’arrive à garder les yeux ouverts. Je vois une espèce de tube arriver à ma bouche. Par réflexe, je referme mes lèvres dessus et un peu d’eau arrive dans ma gorge desséchée, au compte-gouttes. Cela me fait du bien. Je me sens happée par le sommeil de nouveau.

*

J’émerge doucement. J’évite d’ouvrir les yeux pour appréhender la situation. La première chose dont je prends conscience, c’est d’une main dans la mienne. C’est réconfortant. Résumons : je sais toujours pas qui je suis, aucun souvenir, ma tête est vide. Beaucoup moins embrumée mais vide. Angelina, la jolie brunette m’a appelée Jordan. Soit. Je ne sais pas davantage qui elle est. Je ne sais même pas à quoi je ressemble. Mon corps ne semble pas très en forme mais pas très douloureux non plus, je dois être sous calmant, vu que je ne peux pas bouger. OK, ça, c’est le constat. Objectif : trouver des infos, retrouver l’usage de mon corps.

J’ouvre les yeux. La brunette est là, elle s’est assoupie dans un fauteuil. Sa main gauche dans ma main droite. Je suis quand même plus mobile. On semble proches vu qu’elle me tient la main mais je sais toujours pas qui elle est. Amie ? Sœur ? Ma mémoire s’est vraiment fait la malle, on dirait. Je devrais paniquer plus que ça, non ? C’est embêtant mais bon, pour l’instant, je gère. J’ai encore soif. Je jette un œil sur mon côté gauche : j’y découvre un meuble tablette avec un verre d’eau. Je lève péniblement mon bras droit pour tenter de l’attraper.

— Aïe !

Je suis arrêtée net par une douleur au niveau de mon avant-bras. Une perfusion ! Je relève la tête en quête d’une solution et je rencontre un regard bleu des mers du sud, interrogateur. Oups ! J’ai réveillé mon ange gardien.

Image
Chronique Mel Richard

L’ouvrage :

Le titre :

A la lecture du titre, La roue du destin – Coma!, j’ai pensé à un changement de vie suite à  à un accident qui aurait engendré un handicap physique ou psychique. La roue du destin peut être la roue des possibles. Elle est celle que nous faisons tourner pour améliorer ou changer notre vie. Elle est l’espoir d’un renouveau. Quant au terme « coma », il parle de lui-même. Il est ce laps de temps au cours duquel une personne est plongée dans un sommeil profond et plus ou moins long sans la possibilité de réagir aux stimulis extérieurs. 

Voilà un titre qui amène bien des hypothèses et des réflexions!

La couverture :

Est représenté, sur la couverture, un labyrinthe de forme circulaire. Peut-être en rappel à la roue du destin? Si c’est le cas, un nouvel élément est illustré, le labyrinthe. Que peut-il représenter? Tout comme la roue, il symbolise le hasard, le destin. Deux possibilités s’offrent à celui ou celle qui l’emprunte : l’enfermement ou la libération. 

Cette couverture laisse imaginer un possible changement de vie qui ne sera pas sans connaître d’obstacles.

Je vous laisse le découvrir en lisant le roman.

Mon appréciation :

Elle se réveille. A ses côtés, une belle jeune femme brune. Elle ne la connait pas. Qui est-elle? Pourquoi l’appelle-t-elle Jordan? Jordan, est-ce son prénom? Elle ne se souvient pas. La jolie brunette lui révèle s’appeler Angelina et être sa petite amie! Mais Jordan ne souvient pas. Elle ne se souvient de rien! Le trou noir, le néant! Celui qui vous aspire sans espoir de voir apparaître de nouveau la lumière.

Jordan doit-elle faire confiance à Angelina? Angelina, va-t-elle l’aider à se souvenir? Qu’adviendra-t-il lorsque Jordan recouvrira la mémoire? Que découvrira-t-elle? 

 

Le roman débute avec une note d’intention complémentaire au titre ainsi qu’à l’illustration de la couverture et surtout criante de vérité. Voici un extrait :

« Le grain de sable. C’est ce qui modèle nos vies. Ce qui va dévier une existence toute tracée. Ce qui va nous abattre ou nous relever. Faire de nous des personnes différentes. »

L’histoire commence dans une chambre d’hôpital en région parisienne, au réveil de celle qui se trouve être l’héroïne de ce roman, Jordan. Une description des lieux et de l’environnement dans lesquels évolue le personnage principal permet au lecteur de se fondre rapidement dans l’histoire.

« Tout est noir. Mes yeux sont lourds et refusent de s’ouvrir. Je ne peux pas bouger non plus. J’entends des bips réguliers. Je dois rêver. Le genre de rêve qui fait paniquer : […] »

« Je tente à nouveau de prendre connaissance de mon environnement. Ma vision est trouble. Sur ma gauche, il y a quelque chose. Je tourne légèrement la tête. Un visage, il me semble. »

Au fil des pages, d’une plume fluide et tout en sensibilité, l’auteure nous amène à rencontrer et découvrir Jordan ainsi que les autres personnages à travers leurs émotions et leurs sentiments. Ce qui ne nous laisse pas indifférents et rend chaque protagoniste de l’histoire plus ou moins attachants. 

Comme dans chacune de ses romances, Alexandra Mac Kargan aborde des sujets de la vie.

L’amour…

« Au-delà du désir profond et insatiable que je ressens, elle est ma boussole, mon pilier, ma lumière dans la nuit. »

L’espoir…

« La vie nous a donné une seconde chance inespérée et je n’ai aucune intention de la gâcher. »

La détermination…

« Je ne peux pas rester avec cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Je veux, je dois savoir. »

La prise de conscience…

« Le barrage a cédé. Cette image n’est rien à côté de celles qui se déversent dans mon esprit en un flux totalement obscène. Ma maudite mémoire se rappelle à mon bon souvenir et ne m’épargne rien. C’est moi… »

Le combat entre le cœur et la raison…

« Je dois partir, Angie. »

La remise en question…

« J’ai recouvré en une fraction de seconde l’intégralité de ma mémoire et j’aurais préféré que cela ne soit pas le cas. […] Quand je repense à toute cette période, […] c’est de l’insatisfaction. L’impression de perdre mon temps, de perdre ma vie. D’être à côté de ma vie, de la gaspiller, de la voir s’écouler insidieusement, sans rien pouvoir faire. »

Le changement : un départ, nouvelle vie?

« Je crois que le moment est venu. […] Je dois retrouver cette partie de ma vie pour reconstruire, pour me reconstruire. »

« A moi de faire en sorte que ce voyage vers le sud, ce retour vers le passé, soit un nouveau départ et non une fuite en avant. »

« Je suis ici pour un renouveau. Pour reconstruire ma vie et retrouver Angie sur de bonnes bases. »

De la région parisienne au sud de la France, Alexandra Mac Kargan nous fait voyager.  Nous suivons Jordan dans sa  reconstruction et embarquons dans la même galère pour un nouveau départ. Un renouveau qui ne sera pas sans obstacles ni déceptions mais  nécessaire pour une vie, un avenir meilleur.

Tout au long se son roman, l’auteure emploie l’analepse par le biais des réminiscences de l’héroïne afin de faire le jour sur des zones d’ombres de l’histoire. Une technique que j’apprécie pour le rythme qu’elle apporte au récit.

 

Très chère Alexandra, je peux te dire que ton contrat est rempli. Dès que j’ai lu les premières lignes de ton roman, je n’ai pu m’arrêter avant d’avoir tourner la dernière page. « Un scénario qui tient la route ainsi qu’une intrigue qui nous happe et qui nous emmène dans la vie des personnages. », validé. J’ai été divertie et emportée dans un tourbillon d’émotions et de sentiments qui laissent place à tous les possibles.

Merci pour ce merveilleux moment et bravo! 

Cher(e)s ami(e)s lecteur(rice)s, je vous invite à visiter le site d’Alexandra Mac Kargan et à découvrir ses romans : www.alexandra-mac-kargan.fr

Au plaisir de vous lire, 

Mel